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Initiation à la vannerie à Villaines-les-rochers

Mis à jour : 13 sept 2019

En quête d’artisanat local aux alentours de Tours, Valentina et moi-même sommes allés à Vilaine-les-rochers située à une trentaine de kilomètres de là pour découvrir l’art des vanniers qui y sont implantés depuis 1850. La rencontre du vannier de Guédelon, ce château médiéval en construction depuis 1995 selon d’anciennes techniques où nous sommes allé il y a quelques semaines, nous a motivé à nous rendre dans ce village de renom où une cinquantaine de vanniers font perdure cette activité ancestrale qui a plus de 30 000 ans d'histoire ! Nombre de vanniers sont implantés un peu partout en France et en Europe, notamment en Pologne et en Roumanie, mais cette ville est idéale pour celui qui désire découvrir le métier : Outre le fait qu’on puisse rencontrer et observer des artisans à l’œuvre, on peut y visiter « l’espace culturel Osier Vannerie », un musée dédié à cet art.


Ainsi, arrivés sur place nous avons fait le tour des ateliers dont la plupart sont ouverts au public. Nous nous sommes spécialement arrêtés à l’atelier d’Hélène Métézeau, une dame d’une cinquantaine d’années dont le jardin regorge de subtiles créations artistiques. Le cerf grandeur nature qui s’y dresse fièrement entouré de nichoirs à oiseaux et de bonsaïs, le tout en saule, nous a donné envie de rencontrer l’esprit créatif qui les a fait naître.

Après seulement quelques mots échangés avec passion sur le métier de vannier et sur notre projet, Hélène nous a proposé de revenir le lendemain matin pour une demie journée d’initiation que nous avons payé 50 euros pour trois au lieu de 50 par tête.

Hélène enseigne à Valentina et Jorge

« Bravo pour votre projet, c’est beau de construire ça tous ensemble ! Vous êtes comme ces brins d’osier tenez : par l’assemblage d’une multitude de brins on façonne une forme qui servira une fonction qu’un brin seul ne pourrait tenir. Unis, ils trouvent leur place pour constituer un solide ensemble comme ce panier par exemple, qui servira à transporter de lourdes charges ! Ainsi, de même, les liens que vous tissez dans l’aventure constituent vraie la richesse de votre projet, vous êtes comme une famille... »


Ainsi, à 9h15 le lendemain, elle a débuté l’initiation en nous montrant les différentes étapes de travail de l’osier, de la plantation du saule à la réalisation finale d’un objet fonctionnel.

L’osier se tresse à partir de diverses pousses de saule comme le saule pleureur, le blanc, le marsault, etc. On peut le travailler après séchage comme le font la plupart des vanniers ou brut, directement après la coupe et effeuillage, mais à ce moment là attention au retrait de séchage au tressage ! Le brin sec ou humide récolté est fibreux ce qui permet de le tordre dans tous les sens sans qu’il ne rompe, à la manière d’une corde.


De la plante au panier

La plantation d’arbres est préférable avant la Sainte Catherine, le 25 novembre, début de la période de dormance. A cette période, les vanniers se retrouvent aux champs pour planter des boutures de 30 centimètres et d’un diamètre de l’ordre du centimètre environ en terre. En juin, la pousse est à présent devenue un petit arbuste aux branches qui s’élancent vers le ciel d'environ un mètre de haut. En août, la bouture aoûte c’est à dire qu’elle fait du bois, elle lignifie (elle devient ligneuse et fibreuse, riche en carbone). Finalement, après s’être paré de ses plus belles couleurs en septembre, on coupe la branche de Saule en février à 20 centimètres au dessus du sol pour éviter les fourches et ainsi avoir des brins droits et effilés. La récolte se faisait à 3-4 aux champs à l’époque. L’un coupe, l’autre tri puis le dernier les assemble en fagots mais la mécanisation permet aujourd’hui de le faire seul. La culture du saule se répète ainsi chaque année et nécessite 3 ans pour que la production se stabilise.


Suite à la récolte, le vannier trie les brins par hauteur de tige et par la même, par épaisseur. La moitié est ensuite placée les racines dans l’eau dans dans des bassins pour que les brins conservent leur flexibilité en continuant de pousser, et l’autre moitié est mise à sécher. Suivant le diamètre du brin, le temps de séchage sera plus ou moins long avec une moyenne d’un centimètre de diamètre de séchage tous les 4-5 mois. Selon la tradition Française les brins sont écorcés grâce à une machine pour faire apparaître le cambium blanc ivoire. Depuis une cinquantaine d’années, un échange de connaissances et de pratiques avec les Danois qui n’ont pas ce genre de machine à écorcer, les vanniers Français conservent l’écorce ce qui leur permet d’obtenir des brins de couleurs variées.


« C’est à la croisée des cultures que naît la créativité » Yo-yo Ma


Ainsi passé à la machine en les maintenant dans un bain d’eau pour diluer la sève, le brin est plus souple et peut ainsi être plus aisément cintré ou courbé ce qui permet au vannier de réaliser des pièces plus esthétiques que par simple pliage ou coudée. Ainsi, suivant la fonction désirée du brin, on module sa dureté en le ramollissant 4-5 jours avant utilisation pour réaliser un travail délicat par exemple. On peut aussi réaliser une croisée, c’est à dire fendre le brin dans la longueur grâce à un fendoir pour avoir un brin plus fin donc plus flexible.


Mise ne pratique

Après explication des ces étapes de fabrication, de la bouture au produit fini, il était temps de s’y mettre ! Équipés d’une serpette ou d’un sécateur pour couper, fendre ou entailler, d’un poinçon pour tresser et de nos dix doigts musclés, nous avons commencé par réaliser un petit sac en deux dimensions pour se familiariser avec le cintrage et le pliage. Cette prise en main passée, nous avons commencé à réaliser un véritable travail de vannerie : le fond d’un panier.

Petit sac pour comprendre les principes

Structure du fond du panier

Tressage du fond du panier

Sa réalisation est accessible à tous bien qu’elle demande rigueur et précision auquel un esprit mathématique saura bien s’accommoder. Quel plaisir de transformer quelques branches de saule brutes en quelques mouvements, quel sentiment d'accomplissement délicieux !


Voici quelques ouvrages vendus à l’espace culturel Osier Vannerie de Vilaines-les-rochers :

- "La vannerie, l'osier" de Robert Duchesne et Henri Ferrand, Paru en février 2008

- "L'art de la vannerie", d'Eva Seidenfaden, Technique et tradition du panier périgourdin, Paru en avril 2011

- "La vannerie sauvage", de Bernard Bertrand, Paru le 1 mars 2007


Clarence Baranger

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