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Un mois passé en Suisse, riche en projets et rencontres !

Mis à jour : 11 nov. 2019

Arrivés à vélo par le Sud-Ouest de la Suisse le 21 avril 2019, nous l'avons traversé en longeant le Lac Léman, en passant par les grandes villes de Genève, Lausanne, Fribourg et Bâle pour finalement revenir en France en rejoignant Mulhouse le 14 mai. Nous avons passé près d'un mois chez nos voisins Suisses qui nous ont toujours réservé un chaleureux accueil...

Genève, pointe sud du Lac Léman

Nous sommes arrivés par Genève en passant par "Le potager des Castors", au sud du lac d'Annecy où nous avons rencontré Laurent Thiery, un maraîcher qui cultive sur les terre d'un ancien pâturage des fruits et légumes sur 1,8 ha, depuis 3 ans, sans aucun travail du sol.

Laurent Thierry, le maraîcher au sol vivant

Arrivés à Genève, nous avons rendu visite à notre ami Yves Desarzens, fondateur de "Maisons nomades" que nous avions rencontré un mois auparavant au Hameau des Buis (Cf. article "Construction d’une « maison nomade » avec "Les hameaux légers" au hameau des Buis), qui nous a accueilli plusieurs jours à Sergy, une petite ville frontalière située côté Français où il rénove un bâtiment pour créer un Tiers-lieu nommé "Inspire".


Le rapport salaire/coût de la vie en Suisse est similaire à celui de la France mais environ 50 % plus élevé. A l'image des magasins gratuits pour personnes démunies que l'on a pu voir à Genève, une assez forte solidarité semble y régner. Sans se leurrer tout de même, l'incroyable concentration d'hôtels de luxe, de jardins taillés au millimètre et d'installations impeccables laisse entrevoir l'inégale répartition des richesses du pays. Ça n’est un mystère pour personne, la Suisse est un paradis fiscal...

Clara, Vincent et Clarence à Genève

Depuis Genève où nous avons passé quelques jours chez Clara, la soeur de Clarence, nous avons rayonné dans les alentours et pu visiter deux projets : La "ferme de la Touvière", une ferme agro-pastorale crée par un collectif de 9 jeunes qui a pu voir le jour grâce à un financement participatif original qui propose aux citadins des alentours de parrainer une chèvre (ce qui les encourage à aller découvrir régulièrement la campagne en venant leur rendre visite) et de "recevoir leur intérêts en fromage". Le même jour nous avons rencontré Edouard, un pépiniériste en biodynamie passionné par son métier et vivant dans un petit paradis, qui nous a enchanté par son accueil plein d'enthousiasme !


Potager d'Edouard le pépiniériste

Quittant Genève en longeant le lac Léman vers le nord, nous avons rejoins la ville de Saubraz où nous avons passé quelques jours à la ferme de "La Fermada" en compagnie de Danaé, la propriétaire et Clément, un ami commun de Vincent, spécialiste en agroécologie et en permaculture. Nous avons eu la chance de rencontré "le fondeur fondu", leur excentrique voisin qui nous a proposé de forger des médaillons à partir d'un alliage de métaux fondu grâce à une forge artisanale enterrée dans son jardin ! Vincent a pris de nombreuses vidéos du processus de forge pour proposer à l'association Low-tech lab (avec qui nous sommes partenaires) d'en faire un tutoriel à ajouter sur leur site..


Nous sommes ensuite repartis vers Lausanne pour visiter le "Jardin au milles mains", un projet en permaculture réputé pour sa beauté et la pédagogie de leurs jardiniers, situé sur un terrain communal. Nous y avons rencontré Isaline, une spécialiste de la construction de yourtes Mongoles et Serdjane, un musicien adorable (qui nous a permis d'utiliser une de ses composition musicale en fond de la vidéo située en bas de page) qui nous a suivi jusqu'à Fribourg. Nous y avons passé une semaine pour aider un groupe d'étudiants en biologie, anthropologie et architecture à dessiner le plan d’aménagement du projet de jardin en permaculture en devenir sur leur campus universitaire, visité le projet d'agriculture urbaine "Pré fleuri" initié par la ville et profité de la musique Balkanique à l'occasion du festival FriAir du Center Fries.

Nous avons été hébergés par Timy, fier représentant de l'association "Jolies Maisons" qui permet à des migrants de trouver une place en colocation avec des Fribourgeois au lieu d'une place en foyer d'accueil. Timy est un exemple de bonté et de générosité : bien qu'il soit étudiant en dernière année de master d'Histoire et en pleine période d'examens, qu'il aide et vive depuis 2 ans avec un Érythréen (l'Erythrée est un pays d'Afrique de l'est), il nous a accueilli dans son petit appartement du centre de Fribourg et pris le temps pour longuement nous parler de la Suisse et de la France.

Timy à gauche, Vincent et Clarence

Selon Timy, la Suisse est un pays polyculturel (divisée en 3 régions : la Suisse Romande, la Suisse Italienne (Tessin) et la Suisse Allemanique), polyglotte, stable et démocratique (référendum d'initiative citoyenne) au premier abord bien que le conservatisme la rende peu enclin au changement. Les Suisses s’intéressent de fait beaucoup à la politique Française qui est nettement plus dynamique, et donc plus propice au débat.


Nous avons quitté Fribourg pour Ins où nous pensions passer quelques jours avant de filer à Mulhouse à vélo pour rencontrer notre ancien professeur de master Management de l'écoconstruction (devenu Master construction durable et éco-quartiers) et doyen de l'université. Charmés par la beauté du village et ravis par la rencontre de Lorens, herboriste-alchimiste à l'école des plantes (Krauteschule), nous sommes finalement restés près de dix jours à Ins! La rencontre d'Aloïse et Valentina presque le même jour, deux habitantes du village qui se connaissaient de vue, nous a fait repousser le départ jours après jours tellement nous avions envie de rester ! Nous avons finalement quitté Ins la veille de notre rendez-vous à Mulhouse, en train ! Contre toutes attentes, laissant l'intuition nous montrer le chemin alors que nous nous connaissions peu, Aloïse et Valentine nous ont rejoints à vélo un mois et demi après notre rencontre pour continuer l'aventure à nos côtés !


Pendant cette semaine à Ins, nous avons consolidé nos connaissances des "plantes sauvages" (ou PAM, plantes aromatiques et médicinales) et découvert le métier d'herboriste avec Lorens, en nous rendant dans les jardins de l'école et en forêt (Cf. article "Lorens, l'herboriste-alchimiste de Ins (Suisse Romande)).

Cueillette de plantes médicinales en forêt avec Lorens à gauche, Valentina, Laïla et Clarence

En Suisse, les milieux naturels que nous avons croisé à vélo nous ont semblé globalement mieux entretenus et conservés qu'en France, habités par une biodiversité plus riche. Les champs et propriétés privés y sont plus petits, les habitants semblent être plus soigneux et proches de leur terre. L’état s’y porte garant de conserver un minimum d’hectares de cultures vivrières par habitant.


La stabilité et l'indépendance politique du pays a permis de préserver ses paysages et une agriculture plus traditionnelle, moins mécanisée et plus saine qu'en France. Pas étonnant quand on sait que la France est première productrice et consommatrice de produits phytosanitaires d'Europe ! La conférence "Genève 2050" à laquelle nous avons assisté à Genève nous a montré qu'il existe une forte volonté politique cantonale de préserver et de favoriser la nature en ville bien que la faible démographie du pays ne crée pas cette nécessité : la campagne ne se trouvent jamais loin ce qui ne crée par le même besoin de nature en ville qu'à Paris par exemple (Projet Parisculteurs). La présentation d'une esquisse du Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) de Genève, la plus grande ville de Suisse (alors que ces documents existent pour chaque région depuis près de 10 ans en France) le montre bien, ils n'ont que peu d'intérêt à planifier la préservation de la nature tant le pays est conservateur et protecteur de ce point de vue là aussi.


Quelques semaines passées en Suisse nous a donné l’impression qu’on y a moins la culture des toilettes sèches bien qu’on y trie les déchets dans 8 poubelles contre 3 en France. La simple mesure instaurée par l'état de faire payer les sacs poubelle 2 francs pièce encourage la récupération et les circuits courts. Ainsi, des boulangeries se sont spécialisées, elles ne vendent que des invendus ! Fidèle à ses contradictions, la Suisse est néanmoins le 2ème pays producteur de déchets d’Europe...


Merci à toutes ces merveilleuses personnes qui nous ont fait vivre des moments inoubliables, pour leur confiance et leur enthousiasme qui nous donné envie de poursuivre cette merveilleuse aventure! Le meilleur pour la fin : vous trouverez ci-dessous une vidéo que Vincent a monté alors que nous étions installés dans un appartement prêté par l'Université de Mulhouse pendant une semaine à la mi-mai 2019.


Bon visionnage et bel automne à tous !

Clarence de CycleHope

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