Le design en permaculture

 

Le concept de « design » est central en permaculture. L’objectif central du design est de créer un aménagement (intérieur et extérieur) qui permette à l’homme de s’intégrer au mieux dans son environnement.

Pour cela, il lui faut avant tout chose connaitre ses propres besoins : Quel est mon rêve ? Quels sont mes aspirations ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les étapes de réalisation d'un projet en permaculture

Il est possible d'appliquer la permaculture à travers une approche d'ingénierie nommée OBREDIM, acronyme anglais pour Observation, Boundarie (limite), Resource (ressource), Evaluation (évaluation), Design, Implementation (mise en œuvre) et Maintenance. C’est un outil de planification qui permet de réaliser le design d’un site (une petite propriété, une région ou une zone industrielle par exemple).

1. L’observation permet de récolter des informations qui serviront à comprendre le fonctionnement naturel du site. Ce n'est pas à proprement parler une étape, car l'observation doit être continue, si elle démarre pour la conception d'un système, elle est ensuite maintenue durant toute sa gestion. L'observation d'un site sur une année entière, au travers des quatre saisons, permet de considérer de multiples facteurs : la topographie, les cycles biologiques de la faune, de la flore et du sol, les vents et leurs caractéristiques, l'écoulement des pluies et leur densité, l'ensoleillement et les ombres, le débit des cours d'eau, etc.

2. Les bordures sont les facteurs limitant du projet, aussi bien matériels (limites géographiques, ressources financières) qu'immatériels (compétence, législation). (Effet de bordure, de lisière)

 

3. Les ressources incluent les personnes impliquées, les finances, ce que vous pouvez faire pousser ou produire dans le futur, ce que vous voulez voir et faire sur le site.

 

4. L’évaluation de ces trois premières étapes vous permet maintenant de vous préparer pour les trois suivantes. C’est une phase où l’on prend en considération toutes les choses à portée de main avec lesquelles on va travailler, existantes ou que l’on souhaite avoir, et où l’on regarde en détail leurs besoins spécifiques, afin d’identifier ses propres besoins en termes d’information (besoin d’une personne ressource compétente dans un domaine).

 

5. Le design est toujours un processus créatif et intense et l’on doit utiliser au maximum ses capacités à voir et à créer des relations synergiques entre tous les éléments listés dans la phase ressources.

 

6. L’implémentation est littéralement la première pierre posée à l’édifice, quand on aménage soigneusement le site en fonction de la chronologie et de l’agenda décidé.

 

7. La maintenance est nécessaire pour garder le site à son maximum de santé, en faisant des ajustements mineurs si nécessaire. Un bon design évitera le besoin de recourir à des ajustements majeurs.

Pour que la théorie rencontre de manière la plus adéquate la pratique, on va se demander : Comment puis-je adapter mon design au contexte existant ? Aussi, il va falloir prendre le temps de s’intéresser à l’environnement (à l’échelle de la région, du département et des abords du projet) dans lequel il se trouve (social, environnemental, économique, culturel) en commençant par rencontrer les divers acteurs qui pourrons influer contribuer au projet et cartographier le terrain pour inventorier l’ensemble des caractéristiques qui constituent l’état initial du lieu.

Grâce au plan qu’il aura réalisé et l’ensemble des données qu’il aura collecté auprès des institutions publiques et de ses voisins, le designer pourra établir un inventaire des « opportunités et des points d’attention » à porter sur son projet, les prioriser par ordre d’importance et dresser un planning approximatif de l’avancement. La méthodologie est primordiale pour ne pas créer de dommages au lieu, effectuer les actions dans l’ordre et ne pas perdre de temps. Aussi, on peut se référer aux échelles de permanence pour se repérer.

Les éléments du design

 

 

 

 

 

 

 


La cartographie du lieu va permettre de créer un plan de base sur lequel on va pouvoir construire un design, pas à pas, en cherchant à favoriser un maximum d'interactions positives (entre éléments "existants" et "à rajouter" pour ne pas endommager le système « mature » préétabli).

Le design identifie au sein d'un système les différents éléments qui le constituent (plantes, vent, soleil, eau, construction, relation de prédation, etc) et cherche à créer une synergie entre eux, en s'inspirant de l'observation du fonctionnement des écosystèmes naturels.

Ces interactions positives entre éléments peuvent être identifiées grâce à un tableau synthétique des « entrants » et des « sortants » (des besoins et des produits) de chaque éléments, mis en parallèle, dans l’objectif qu’un maximum de besoins soient comblés par les produits (ressources sortantes) des autres.

Grâce à des calques amovibles représentant l’ensemble des éléments à apporter au système, l’aménageur placer chaque élément au mieux sur son plan de base.. On prêtera attention à respecter un certain « zonage » pour que l’ aménagement soit dense et organisé afin d’économiser de l’énergie dans les déplacements notamment.

L'utilisation de motifs et du zonage

L’utilisation des motifs naturels (Patterns) et réutilisables est une clef pour le design en permaculture. Certains auteurs font écho à cette approche en architecture par exemple (biodynamie de Rudolf Steiner, Biophilie Living Building Challenge).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le concept de zonage en permaculture rencontre une racine prestigieuse chez l'économiste Allemand Von Thünen qui théorisa l'aménagement de l'espace en cercles concentriques où la mise en valeur (ou le design selon la terminologie en permaculture) est différenciée en fonction de sa distance avec le centre.

Ainsi, les zones en permaculture sont une manière d’organiser les éléments du design dans un environnement humain basé sur la fréquence de ses utilisations, la fréquence des déplacements nécessaires pour y accéder et le temps passé dans chaque zone. Il est traditionnellement fait référence à 5 ou 6 zones, selon que l'on décrive la maison comme une zone en soi ou non. Les éléments du système fréquemment récoltés, manipulés ou visités sont situés près de la maison en zones 1 et 2, alors que les éléments moins fréquemment manipulés sont situés plus loin.

Les 6 zones sont :

  • Zone 0 : La maison elle-même.

  • Zone 1 : Le jardin et les éléments nécessitant une attention quotidienne et soutenue.

  • Zone 2 : Le verger et la basse-cour.

  • Zone 3 : Les pâturages et les céréales. Cette production tend à être plus orientée vers la vente.

  • Zone 4 : Les pâtis et les bois. Cette zone est souvent laissée aux plantes indigènes.

  • Zone 5 : Espace sauvage. L'intervention humaine se limite à la récolte de plantes utiles spontanées.

Chaque élément est analysé pour en connaître ses propriétés, ses besoins et ses produits, afin de l'insérer le plus efficacement possible au sein du design. La synergie entre les éléments est obtenue en minimisant les déchets, le besoin en travail ou les besoins en énergie. Un design de permaculture exemplaire évolue au fil du temps, et peut devenir une mosaïque extrêmement complexe de sous-systèmes conventionnels et inventifs qui produisent une haute densité de produits (nourriture, matériaux, organisation sociale, infrastructures, information) et ceci pour un effort minimum.

Chaque élément devant avoir idéalement, d'après D. Holmgren et B. Mollison, 7 fonctions, c'est-à-dire sept « associations utiles » ou « interactions positives » à un ou plusieurs autres éléments du système.

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